Escadron BRAVO & Cie

Escadron BRAVO & Cie

CANICULE

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(en Word)

A Arnsberg en cet été 1976 et comme dans une partie de l’Europe la température atteint des records de chaleur.

Nos horaires sont adaptés et la journée de travail commence à 05h00 ceci n’empêchant pas les tâches habituelles d’être remplies.

Le programme de l’escadron est dominé par le terme « ARF » qui nous occupe au maximum.

Pour résumer, nous devons être prêts à intervenir en appuis pour contrer une menace sur un site sensible*.

La tension est palpable car il nous est demandé une disponibilité totale pendant plusieurs semaines.

C’est dans ce contexte que mon chef de peloton m’informe que je devrai l’accompagner pour effectuer une recce des lieux où nous sommes censés intervenir à une centaine de km à l’Est.

A 13h00 nous embarquons dans une Land Rover et après avoir rejoint l’autobahn à Soest, nous prenons la direction de Kassel.

Nous roulons depuis dix minutes quand soudain le moteur hoquette et se coupe. Le chauffeur arrive cependant à se ranger sur la bande d’arrêt d’urgence et fort heureusement sous un pont.

Je débarque pour essayer de localiser la source de la panne mais n’ayant aucun outil il m’est difficile de la déterminer.   

Je gravis l’escalier qui rejoint la route en surplomb pour apercevoir un village à plusieurs Km puis mon chef me demande de m’y rendre pour téléphoner afin d’obtenir un dépannage.

Je me mets en route sous le soleil toujours aussi ardent avec une pièce de monnaie en poche mais le village est à bonne distance et lorsque je l’atteins il semble désert sans aucune cabine cependant je fini par trouver de l’aide.

Je retourne vers le pont au loin mais en descendant l’escalier je découvre avec effarement que la jeep et ses occupants se sont évaporés (J).

Dire que je suis fâché serait un euphémisme mais la surprise passée je m’assois sous le pont me disant que les dépanneurs vont arriver et que c’est tant mieux si le  chauffeur a réussi à redémarrer permettant ainsi au lieutenant de faire sa recce.

Le temps s’écoule lentement mais enfin je vois l’unimog de « blue bell » à l’horizon.

Je descends sur le bord de l’autoroute et je fais de grands gestes de bras, le véhicule approche sans ralentir et je redouble d’efforts mais, ses occupants sans doute cherchant une jeep regardent au loin.

Alors avec stupéfaction, je vois le véhicule passer à deux mètres de moi sans ralentir, je suis médusé mais je garde espoir car après plusieurs minutes et ne trouvant pas ce qu’ils cherchaient, les mécaniciens ont emprunté l’ausgang suivant et réapparaissent en sens inverse. Je me déchaine encore et je hurle mais rien à faire !, je ne peux que regarder dépité l’unimog disparaitre à nouveau de ma vue.

Pas question de faire des signes à un véhicule civil car c’est déjà assez dangereux comme cela de se trouver à pieds sur la bande des pneus crevés.

Je retourne alors sur le contrefort du pont pour mettre au point un plan de retour au quartier.

Je n’ai que peu de choix dont : retourner au village mais je n’ai plus un Deutche Mark ou bien faire du stop mais alors sur la route au-dessus du pont à moins que… mon lieutenant ne se souvienne de mon existence.

Je prends alors la décision de rester sur place pour éviter de compliquer mon éventuelle récupération.

Une bonne heure plus tard je vois réapparaitre le fameux unimog et cette fois, il s’arrête me permettant d’embarquer à l’arrière.

C’est notre commandant en second qui ayant compris la situation a réagi enfin.

 

J’ai appris par la suite que j’avais entre autre été «victime» de l’effet tunnel qui diminue la vision périphérique. (Le cas des conducteurs se déplaçant sur autoroute)

CENIER Maurice 25/08/2016

 

*(Que j’éviterai de citer)



02/09/2016
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