Escadron BRAVO & Cie

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L'échange était presque parfait

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Un échange presque parfait!    en Word    en PDF

Quand je cite le terme «pull anglais», les anciens voient remonter quelques souvenirs à la surface de leur mémoire.

Ce vêtement équipant l’armée britannique était très recherché dans notre unité dans les années ’70 et avant.

Il faut bien dire qu’à cette époque, notre équipement individuel, pour autant que l’on puisse se le procurer au mil shop, souffrait de graves lacunes tant il était peu adapté et souvent complètement dépassé.

Une chose cependant donnait lieu à peu de critiques : nos chaussures de combat et leur réputation était connue par d’autres militaires dont principalement ceux d’outre-manche.

Ce jour-là, la nuit fini de tomber sur le quartier Reigersvliet où je suis de garde et je me soumets à la routine des tâches dédiées.

Vers 19h00 une Land rover de l’armée anglaise affublée d’une remorque se présente à la barrière.

Le sous-officier m’explique que son unité est en bivouac dans la région et sollicite de pouvoir remplir leur citerne d’eau potable.

Je demande à ma sentinelle de repos d’accompagner nos visiteurs au bon endroit mais pendant qu’ils sont occupés, me vient l’idée de leur demander si un troc entre une paire de chaussures ABL et un de leur célèbre pull pourrait avoir lieu.

La réponse est positive et le sergent me promet de revenir dans quelques heures avec un pull.

Le véhicule a quitté le quartier quand je me rends compte que je n’ai aucune paire de combat shoes neuve de taille 43 à échanger.

Après avoir prospecté à l’escadron parmi nos célibataires, quelqu’un m’apporte une paire de godasses toutes neuves, que je contemple avec plaisir en pensant à mon futur pull mais soudain je détecte un gros problème ! J’ai dans les mains deux chaussures de pointures différentes 42 et 43 mais le pire est qu’elles ont des dessins de semelles différent (Y et +).

Trop tard pour trouver une solution, je me résous à considérer cet échange impossible mais voilà que les anglais sont de retour.

Le garçon a dégotté un pull tout neuf encore dans son emballage et je constate que la taille est parfaite.

Je n’ai pas le temps de lui expliquer mon embarras qu’il m’enlève les ABL’s des mains et prenant place sur notre vieux fauteuil de chef de poste,  il se déchausse pour les enfiler.

Puis, se mettant debout, il fait quelques pas avec un air très satisfait et ravi mais ils n’ont pas de temps à perdre et toute l’équipe remonte dans la jeep qui après un demi-tour disparait dans la nuit.

La nuit passe monotone cependant je m’attends à voir débarquer nos anglais à tout instant mais rien n’arrive et à 08h00 je descends de garde pour retrouver ma chambre au bloc 17.

Dans les jours qui suivent nous partons à Vogelsang et je profite de mettre pour la première fois mon pull toléré en période de camp.

Il est solide en laine épaisse et bien chaud.

Je l’utilise des années durant jusqu’à ce qu’il soit bientôt totalement inutilisable mais j’apprends alors que nous allons bientôt recevoir notre propre pull « anglais » via la chaine logistique.

Mon premier essayage révèle immédiatement que celui-ci est une pâle copie de l’original et ne comblera jamais nos attentes.

Bien sûr c’est un sujet de conversation et c’est au hasard de l’une d’elle que je conte à des collègues l’histoire ci-dessus, alors,  l’un d’eux se rappelle qu’un jour étant de garde, il a vu débarquer des anglais contrariés cherchant quelque chose mais la barrière de la langue aidant, il ne fut jamais possible de les comprendre et ils finirent par jeter l’éponge.

 

Beaucoup d’entre nous essayaient d’apporter des améliorations discrètes à nos tenues qui nous semblaient vraiment manquer d’allure et d’efficacité. Fort heureusement depuis les choses se sont améliorées sans être parfaites mais pour moi, c’est arrivé un peu tard.

 

CENIER Maurice 19/11/201667-266-mega.jpg



05/12/2016
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