Escadron BRAVO & Cie

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TOUT FEU TOUT FLAMMES !

Tout feu tout flammes,  en Word   en PDF

 


En septembre 1976, « Bravo » organise la période de tirs à Bergen/Höhne.

Après janvier et juin, il s’agit de ma troisième présence dans cette plaine d’exercice.

Etant  munitionnaire d’escadron en cumul de B one/one, je me doute que les 16 jours qui suivent risquent d’être chaud et d’ailleurs je ne crois pas si bien dire.

A l’instar de certains, l’apprentissage du métier est un peu chaotique pour moi, mon jeune âge n’y étant pas étranger.  

De la « panne » de réveil lors du départ à la disparition temporaire de munitions tout y passe pour mettre mon courage à l’épreuve mais c’est le métier qui rentre. 

 

 

Nous avons installé notre bivouac en deux rangées d’une dizaine de tentes muraille dans une grande clairière sur la zone dédiée à l’entrée du stand 20BR.

Etant dans le PI (personnel d’installation), je prends part au montage de tout ce qui va servir pour notre vie sur le camp sous les ordres de notre sous-officier ravitaillement de l’époque.

Du réfectoire/cantine aux vaches à eau en passant par les poêles à mazout tout neufs dans chaque tente, tout est à faire.

Dans celle que j’occupe avec une dizaine de collègues, une bâche tient même lieu de tapis de sol qui apporte sans conteste un confort supplémentaire.

Cependant, j’ai constaté que notre dispositif de chauffage présente une petite fuite de combustible et connait des irrégularités de fonctionnement,  j’ai donc décidé d’en fermer l’alimentation.

Mais j’ai encore beaucoup à faire et peu après je suis avec le Co2d dans le seul local en dur  pour y préparer la commande de munitions du lendemain.

Nous clôturons les comptes et je replie ma farde quand soudain j’entends des cris « AU FEU ! » en provenance de l’allée séparant nos logements.

Le lieutenant et moi nous mettons à courir en direction de l’énorme panache de fumée noire provenant de l’alignement à notre droite.

Alors que nous approchons du foyer, des pensées me traversent  l’esprit ;

« C’est près de ma tente ! » puis, « c’est tout près! »… puis, finalement je constate en arrêtant ma course que c’est bien notre tente qui est en flammes.

Tous s’affairent à éteindre le brasier qui cependant  diminue puis s’éteint presque spontanément  n’ayant emporté que la toile d’une demi tente en ne faisant finalement qu’assez peu de dégâts à nos effets personnels et nos couchages.

Seul mon ami Eric déplore des brûlures sur le pied de son sac de couchage ainsi que la rétractation assez cocasse de la housse plastique sensée protéger son « service dress » suspendu à l’armature de tubes.

Dans les heures suivantes un nouveau segment remplace celui parti en fumée par contre le poêle à mazout a besoin d’un gros PV et ne sera pas remplacé avant la fin de la période.

Heureusement, les températures de cette arrière-saison sont clémentes et l’absence de chauffage ne se fait pas trop sentir sachant que 1976 sera finalement celle de la fameuse canicule*.

 

Ce camp d’entrainement était ce qui se faisait de mieux à l’époque avec une organisation toute germanique et doté d’une technologie avancée.

Une décennie plus tard le camp de Bergen restait pour nous un bon souvenir alors que notre entrainement en diminution se déroulait dans des lieux où il fallait aller planter les cibles manuellement sur des plaines austères parmi des débris de munitions truffant le sol.

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*Lire aussi l’article « Canicule »

 

CENIER Maurice 20/05/2017



21/05/2017
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