Escadron BRAVO & Cie

Escadron BRAVO & Cie

La grenade égarée

La grenade égarée.                                                 en Word

 

VOGELSANG en  ce début 1984, l’escadron est en exercice et est logé au camp «Escaut».

Ce matin à bord d’un M.A.N  conduit par un ancien, je suis allé au dépôt munitions pour y enlever les FRAG GREN M 72 que nous allons tirer.

Alors que nous nous manœuvrons sur le parking, mon chauffeur se montre agacé de devoir encore lancer des grenades à son âge.

En plaisantant, je rétorque que tout l’escadron sans exception doit effectuer cet exercice puis nous déchargeons les caisses.

C’est le commandant d’escadron qui  en tant que chef de stand me désigne pour occuper la loge de nettoyage/amorçage* qui  se trouve être la première sur le parcours juste après l’abri d’attente.

C’est dans cet endroit exigu et bas de plafond que je distribue les corps de grenade ainsi que les allumeurs, l’assemblage y ayant également lieu.

Le tir commence et je vois défiler les collègues un à un, au rythme des coups de sifflet du chef de stand.

Arrive alors mon chauffeur qui au coup de sifflet suivant, équipé de sa grenade quitte ma loge.

Je suis occupé à donner une munition lorsque la détonation qui vient d’avoir lieu nous surprend tant elle a été proche !!!

Puis les tirs continuent et après quelques temps c’est à nouveau au tour de mon chauffeur de recevoir sa deuxième grenade cependant,  il est assez fébrile en m’expliquant qu’en lançant la précédente, il l’a vue ricocher sur le bord de la fenêtre de tir pour tomber juste de l’autre côté du mur!

Tûûût! … le voilà parti et remplacé par notre mécanicien « Jacques » qui étant de grande taille a du mal à se caser dans une local aussi bas,  il est donc légèrement hors de l’abri, son casque cognant sur le toit de béton.

Mais tout s’accélère! Jacques semble avoir vu le diable en personne et se précipite subitement au fond de la loge !

J’entends hurler le chef de stand « attention Maurice ! » alors que je me joins à Jacques sans demander mon reste !

BOUM !!! La détonation est violente car elle est proche et après avoir attendu que les débris retombent et sûr que le tir est bien suspendu nous sortons pour découvrir l’incroyable.

La grenade a explosé sur le chemin presque à hauteur de la jonction entre le parcours et ma loge ! (voir dessin) Elle a creusé un cratère de 10 cm de profondeur et d’un diamètre proche de 30 cm ceci à TROIS mètres de l’endroit où se tenait Jacques.

Le chef de stand nous explique alors le déroulement des faits : mon chauffeur de peur de rater son deuxième tir a loupé la fenêtre et lâché sa grenade sur le mur à sa gauche mais l’impulsion étant  très puissante, elle est remontée l’allée en roulant pendant plusieurs mètres avant d’exploser.

Inutile de dire que le réflexe de Jacques lui  sauve la vie et par ricochet virtuellement la mienne…

La stupeur passé, le tir reprend mais la journée n’est pas terminée car peu de temps après le chauffeur du Bravo 55 est blessé à la main par un éclat qui pénètre le tranchant de sa main « oubliée »  sur la tablette de la fenêtre de tir.

 

Notre formation militaire nous a parfois semblé mettre un accent exagéré sur le plan de la sécurité cependant, il faut bien en admettre la nécessité, le tir de grenade étant en outre un des plus dangereux qui soit.

L’ange gardien des recce était aussi en exercice ce jour-là.

 

 

 

 Stand grenades.jpg

 

*Avec la FRAG Gren seule une loge est utilisée.

 

**Vue en plan du stand grenades.

    

 

 

1 Abri d’attente

2 Loge de nettoyage/amorçage

3 Loge amorçage (pas utilisé avec FRAG GREN M72 w GRF)

4 Position de tir

  Sens de rotation

explosion.jpg   Endroit de l’explosion

 

CENIER Maurice 27/02/2017



27/02/2017
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