Escadron BRAVO & Cie

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Le fil mystérieux

Le fil mystérieux,                 en Word en Pdf        

 

ETBL Camp Général BASTIN Stockem en 1975, notre cession 11R occupe une chambre en T21/7 depuis plusieurs mois.

A cette époque, aucun aménagement susceptible d’améliorer notre quotidien n’est prévu ni autorisé et l’escadron « C » est mené à la baguette (entre autres) par un célèbre SSM que nous nommons « Balle de guerre ».

Nous avons bien une radio et un enregistreur à cassette mais leur usage en est très limité à croire que nous sommes au monastère.

Mais à cela s’ajoute un autre problème, il s’agit de celui des piles car il n’y a aucune prise de courant dans les blocs « T ».

 

Un jour, alors que nous revenons du repas de midi nous constatons qu’un électricien civil s’affaire dans le coffret électrique du couloir.

Mon œil de recce détecte instantanément la présence d’une prise dans ce coffret d’ordinaire fermé.

Tout de suite me vient l’idée de pouvoir y brancher une rallonge pour bénéficier d’une source pour nos appareils audio.

J’en fais part à Gérard car nous avons constaté aussi que la porte d‘accès au grenier située sur un des pignons est entrouverte sans doute en relation avec les travaux cités plus haut.

Ma décision est prise ; ouvrir le coffret avec une pince ; grimper dans le « grenier » ; pratiquer un petit trou discret dans le plafond en carton juste au-dessus du coffret ainsi que dans le coin de notre chambre; faire glisser le fil dans ces logements ; rendre le tout discret et enfin brancher la prise puis refermer le coffret ni vu ni connu.

La semaine suivante, j’ai le matériel nécessaire et discret car à l’époque on bricolait facilement une rallonge les normes n’étant pas celles que nous connaissons aujourd’hui.

La nuit venue Gérard et moi grimpons dans le grenier avec une échelle toujours en place mais nous constatons qu’il va falloir faire gaffe car le grenier n’en est pas un.

Les plafonds étant en carton il est exclu de poser les pieds dessus alors qu’au centre il existe une étroite passerelle de planchettes pour la maintenance.

La progression est délicate car nous passons au-dessus des autres chambres dont celle des CSOC avec lesquels les relations sont parfois tendues.

Arrivés au bon endroit, je n’ai d’autre choix que de m’allonger sur le carton poussiéreux de manière à répartir mon poids qui debout me ferais passer au travers avec toutes les conséquences que l’on imagine.

Le câble étant en place nous retournons vers la petite porte que nous refermons et retrouvons enfin la terre ferme, puis nous branchons la prise sur celle à l’intérieur du coffret que nous remettons en l’état bien fermé.

Peux après pour la première fois, nous branchons la radio et tout fonctionne à merveille en toute discrétion.

La prise est parfaitement camouflée dans la moulure du plafond et nous posons nos appareils sur l’armoire de Gérard tout en veillant à débrancher et cacher en cas d’absence ou d’inspection.

Après trois mois nous avons déjà bien profité de l’installation quand tout à coup un émoi en provenance de l’escadron nous provient alors que nous sommes aux garages B2.

La rumeur dit que l’SSM cherche à trouver une ligne téléphonique clandestine dans un bloc !!!

Gérard et moi courons déjà pour rejoindre T21 et nous voyons au loin notre SSM en furie qui est sur le sentier de la guerre cherchant ce qu’il croit être une ligne pirate.

Mais nous avons un brin de chance dont encore aujourd’hui j’ignore l’origine.

J’escalade  le mur, Gérard me faisant la courte échelle, je fonce vers le câble que j’arrache sans ménagement puis je redescends à l’aide de mon complice, nous filons vers le coffret pour y enlever la prise puis entrons dans notre chambre et y attendons haletants.

Quelques secondes plus tard nous entendons arriver le chef Ballegher accompagné de l’électricien qui lui ouvre le coffret pour lui montrer sa découverte suspecte.

Mais il est stupéfait et croit avoir rêvé car il n’y a plus aucune trace puis après quelques minutes notre SSM retourne au secrétariat en haussant les épaules.

L’alerte passée nous retournons au garage encore abasourdis d’avoir réussi notre intervention sans éveiller l’attention.

Les jeunes militaires d’aujourd’hui auraient sans doute un peu de mal à imaginer qu’à cette époque nous n’avions aucune prise de courant   

 

CENIER Maurice 03/08/2018



03/08/2018
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