Escadron BRAVO & Cie

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UN DOIGT TROP LOIN

UN DOIGT TROP LOIN

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L’ambiance est au beau fixe ce soir au mess où nous accueillons quelques nouveaux CSOR.

Nous avons déjà un peu abusé de boissons alcoolisées et les nouveaux promus ont pu déguster quelques mélanges improvisés.

Il est 23h00 mais voilà que le téléphone installé sur le comptoir sonne.

Le barman décroche et il passe le combiné à un des plus anciens de l’assemblée, son expression ne laisse aucun doute et il déclare … Alerte !

A cette époque les alertes sont courantes et il en existe même de plusieurs types mais celle-ci me prends d’autant plus au dépourvu que je ne me sens pas vraiment au top.

Ce qui me m’agace le plus comme s’il s’agit sans doute d’un exercice c’est qu’il tombe en pleine inspection balistique. Tous nos canons sont démontés et les pièces sont prêtes à être passées au crible dans les locaux des mécaniciens d’artillerie blindée le lendemain.

Mais, on en a vu d’autres et nous devons de toute façon agir en conséquence.

Il faut remonter les canons et ce sont ceux des SCIMITAR qui sont prioritaires parce que plus complexes.

 

Les deux véhicules sont stationnés devant la station de graissage non loin de la porte quatre où nous transportons tous les composants.

Guy et son équipage s’occupe du B 32 et moi du B 31 mais je dois dire que ces dernières trente minutes n’ont pas suffi à éliminer l’alcool que j’ai dans le sang et  je commet ce soir-là de grossières erreurs comme celle d’ «oublier» de visser le canon avant de reposer l’enveloppe supérieure.

Cela se matérialise rapidement car en essayant de me rattraper, le coin se referme sur mon index !

J’essaie de le dégager mais sans succès car le ressort  est très dur et je me demande comment me sortir de cette situation non seulement scabreuse mais surtout dangereuse étant évident que je risque d’y laisser mon doigt.

Mon esprit se réveille et commence à tourner à toute vitesse, je dois tenter quelque chose avant qu’il ne faille appeler du secours et à coup sûr avoir l’air ridicule.

Je demande alors à mon canonnier qui est aussi déconcerté que moi d’exercer une traction sur le canon mais la douleur augmente et je laisse échapper un cri.

Je lui demande alors de pousser le canon vers moi et là je sens immédiatement le coin légèrement glisser sur la droite ! 

Sans hésiter je dégage enfin ma main!

Je suis tellement heureux d’être encore entier que tout le reste me semble secondaire et  je marque ma gratitude à mon brave canonnier.

Si mes souvenirs sont exacts, je crois que cet exercice a été suspendu ou annulé je n’ai cependant jamais oublié ce remontage approximatif.

 

Le métier de recce avait des spécificités dont celle d’être exigeant sur le plan technique surtout avec l’introduction de la famille CVR-T                                                                  

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13/10/2016
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